Affaire Giraud Lherbier : Roland Giraud garde la foi

Voilà maintenant trois ans que la fille de Roland Giraud a été assassinée. Une déchirure pour l’acteur. Malgré la forte couverture médiatique et tous les doutes que suscite l’enquête, l’homme tient bon. Sa force, il l’a trouvée dans la religion.

De confession protestante, il n’oublie pas que « l’essentiel est dans l’invisible ». Comme le Petit Prince, il a adopté la vision par le coeur. Il s’adresse encore à sa fille par la prière. « Je vais à l’église tous les dimanches », confesse le bonhomme. Il lui a même dédié un disque, « Là haut ». « Je lui compose ces quelques roses. Sur ton absence, je les dépose. C’est pas grand chose quand on est nu. », chante-il de sa voix suave accompagnée de quelques notes de piano mélancoliques. Une chanson éponyme à la fois hommage et catharsis.

La religion a éloigné Roland Giraud du démon de la haine. Il faut dire qu’une des principales suspectes est la soeur de sa femme, Maaikke Jansen. Comment concevoir que sa propre famille soit impliquée ?
De plus, aujourd’hui, la thèse du dépit amoureux semble la plus probable. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » reste gravé dans la tête de l’acteur, comme sur une plaque de marbre, malgré le caractère sordide de l’affaire.

Dans un entretien datant de 2005 mais publié au début du mois dans « Pèlerin Magazine », il compare son cas à celui de Michel Serrault, à l’époque où il devait jouer sur scène « La cage aux folles » et où il venait d’apprendre que sa fille avait été tuée par des chauffards.
Oublier un instant qui on est vraiment, n’est-ce pas le rôle d’un acteur ? Roland Giraud a parfois « envie de craquer ». Au point d’en finir ? Non. « Je n’ai jamais envisagé de me suicider, même au tout début. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir », se confie l’homme emprunt de tristesse. Si la religion lui permet de rester en relation avec sa fille, son métier lui donne la possibilité de changer de peau. Une sorte de réincarnation.

En attendant la fin

Il est arrivé que Roland Giraud s’agace de la lenteur des enquêteurs. « Une trop grande prudence due au scandale d’Outreau », selon son avocate Sabine Cordesse. Un principal suspect peu coopératif, un mobile flou, une succession de fausses pistes. Jean Pierre Treiber a-t-il eu un complice ? Comment a-t-il connu Marie-Christine Van Kempen ? Pourquoi les deux jeunes filles ont été assassinées ? Tant de questions qui restent encore en suspens. L’acteur aimerait que l’instruction s’achève et que la vérité éclate enfin.

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