Anim’est : des perles du cinéma d’animation

Les Bucarestois sont venus nombreux assister à la troisième édition du festival Animest à Bucarest, qui s’est déroulé du 3 au 12 octobre derniers, attirés par une programmation alléchante.

Parmi le public d’Animest, beaucoup d’adolescents passionnés par l’animation et étudiants en art, mais peu d’enfants, en fin de compte, . Il faut dire que tous les films ont été présentés en version originale sous-titrée. Pour les bambins en bas âge qui ne savent pas encore lire, ça n’a pas été très accessible, même si une grande partie de la programmation leur était destinée (« Nocturna » des Espagnols Victor Maldonado et Adria Garcia, « Egon & Dönci » du Hongrois Adam Magyar, « Max & Co » des Français Samuel et Frédéric Guillaume et l’excellent « Les trois brigands » de l’Allemand Hayo Freitag, sans oublier les sélections de courts-métrages pour enfants).

Grâce à des formules bon marché (10 tickets pour 50 lei ou 100 lei pour un passe-partout), les Bucarestois ont pu découvrir des perles du cinéma d’animation du monde entier. La séance de la soirée du dimanche 4 au cinéma Scala consacrée à l’Américain John Dilworth a accueilli tellement de monde que certaines personnes ont dû s’assoir par terre. Le réalisateur aux cheveux frisés et aux grandes lunettes y a exposé sa théorie complexe : comment l’animation peut libérer le subconscient. Dans ses courtes œuvres comme « the dirdy birdy », dans laquelle un oiseau tombe amoureux d’un chat, il cultive un esprit décalé et une ambiance surréaliste. Au premier abord, ses réalisations peuvent paraître stupides et futiles, mais lorsque John Dilworth les explique, on apprend qu’elles font référence à des notions complexes de psychologie.

Le deuxième invité d’honneur du festival a été l’Argentin Juan Pablo Zaramella. Le réalisateur a exposé une série de films publicitaires et sept de ses courts-métrages, dont « La vie sur Mars » qui a raflé une cinquantaine de récompenses dans le monde entier, mais aussi le très drôle « Lapsus » et le pédagogique « sexteens ». Le premier raconte l’histoire d’un enfant qui rêve d’aller sur Mars. Son grand-père décide alors de l’amener à bord de sa camionnette, dans un endroit désolé et désertique, où la terre est rouge. Le petit est comblé : il pense qu’il est vraiment sur Mars. Le deuxième ne raconte pas d’histoire particulière. Il joue avec les dualités blanc/noir, couleurs qui pourraient symboliser le bien et le mal. L’unique personnage du dessin animé est une nonne qui n’arrête pas de dire « oh my God ! ». Osera-t-elle aller vers le côté sombre ? Le troisième a été créé pour sensibiliser les jeunes couples au début de vie sexuelle à l’usage du préservatif.

Il y avait foule aussi à la projection du film israélien, « Valse avec Bashir » en ouverture. Tourné comme un documentaire, ce dessin animé raconte l’histoire vraie d’Ari Folman, également réalisateur, à la recherche de son passé. A travers une série d’entretiens avec ses anciens compagnons de combat, il recouvre peu à peu la mémoire et ses souvenirs qui le mèneront jusqu’au Liban, dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila. Salué par la critique, le film surprend par son originalité graphique, mêlant dessins très réalistes et images de synthèse. Les couleurs pâles et sombres (jaune et noir) dominent. Le film absorbe toute lumière, tel un gouffre sans fond et emporte avec lui le spectateur qui ne ressortira pas indemne.

Paru dans BUCAREST HEBDO

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