Anim’est : du côté de la compétition

Le festival Animest, c’est aussi une compétition. Dans la course, 5 longs-métrages, 5 sélections de courts-métrages et une sélection de 30 vidéoclips. Parmi les longs-métrages, on retiendra le très beau « Les trois brigands » de l’Allemand Hayo Freitag. Tiré du livre du même nom du Français Tomi Ungerer, le film raconte l’histoire de Tiffany, une petite fille orpheline, enlevée par trois brigands, alors qu’elle devait se rendre à l’orphelinat dirigé par l’horrible Tante aux allures de méchante sorcière. L’enfant fait croire à ses ravisseurs qu’elle est la fille d’un Maharadjah qui vit dans un palais en or pour échapper à l’enfer réservé aux orphelins.

Graphiquement parlant, le film enchante par ses jeux de couleurs et de lumières. Les couleurs chaudes et vives dominent dans la forêt le jour. Les animaux se promènent en toute liberté. Et la nuit, les paysages deviennent bleu : ils créent une ambiance à la fois rassurante et mystérieuse. A l’orphelinat, les couleurs pâles dominent : les enfants sont tout blanc, car l’horrible Tante les prive de leur enfance. A travers une histoire simple et des personnages attachants (les trois brigands, Tiffany) ou ridicules (le policier qui perd son temps à verbaliser les animaux dans la forêt), le film de Hayo Freitag réussit à tantôt émouvoir le spectateur, tantôt le faire rire aux éclats. Certins adultes verront le film comme un hymne à la liberté.

Toujours pour les enfants, mais dans un tout autre registre, « Egon & Dönci » du Hongrois Adam Magyar. Réalisé en images de synthèse, ce film fait pâle figure par rapport à ce qui se fait aujourd’hui notamment chez Pixar. Certes, Adam Magyar n’a pas les mêmes moyens financiers que John Lasseter, mais on peut reprocher au film l’absence de rigueur dans le scénario. Egon, un jeune homme qui vit dans une campagne profonde sur une planète en dehors du système solaire se fabrique un vaisseau à partir d’une épave d’une sonde Voyager et part explorer l’espace. Mais lui et son chat Dönci, inséparables, ne se poseront que sur la Terre. Il n’y a pas de dialogues dans le film : les personnages ne font que des bruits et c’est agaçant, en fin de compte, car les voix ressemblent plus aux Télétubbies qu’à des humains. En revanche, les actions du gros chat maladroit créent un effet comique irrésistible.

La compétition a fait également la part belle aux films pour adultes. « Le tueur de Montmartre » du Français Borislav Sajtinac en fait partie. Graphiquement beau et original, le film raconte l’histoire d’un homme qui s’ennuie tellement qu’il décide de tuer ses sources d’ennuis (sa mère, son patron…). Après son premier meurtre, il erre dans les rues de Paris et rencontre un étrange personnage, le squelette d’une femme qui va lui raconter sa vie. L’idée est intéressante. Malheureusement, le rythme lent, l’animation saccadée, les couleurs sombres et les voix monotones plombent le film. Le personnage principal s’ennuie et communique son ennui au spectateur. Dommage.

*Autres films en compétition : « De Profundis » (Espagne) de Miguelanxo Prado, Sita chante le blues (États-Unis) de Nina Paley.

* C’est le film de Hayo Freitag qui a gagné la compétiton

Paru dans BUCAREST HEBDO


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