Bienvenue chez les catholiques du Maroc

Pendant les trois jours de célébaration de Pâcques, la cathédrale Saint-Pierre de Rabat a accueilli de nombreux fidèles, tous étrangers, originaires d’Afrique subsaharienne (Mali, Sénégal et Côte d’Ivoire), d’Europe et d’Inde. Ils font partie des 25000 baptisés représentés par 90 nationalités différentes. Selon Monseigneur Vincent Landel, un Français né au Maroc et archevêque de Rabat, « Pâques est le point focal de l’Église, car sans la résurrection du Christ, la foi des catholiques est vaine. Ces fêtes montrent que la vie est plus forte que la mort. C’est la révélation sublime de l’amour de Dieu envers les Hommes ».

Pâques introduit par le Vendredi Saint met fin au Carême, qui a duré 40 jours. « Contrairement au Ramadan, ce n’est pas une période de privation ou de sacrifice. Le catholicisme d’aujourd’hui s’adresse à des Hommes libres : chacun prépare la résurrection du Christ comme bon lui semble. Certains s’abstiennent de manger de la chair animale, d’autres se contentent de moins regarder la télévision. Les plus croyants en profitent pour consacrer plus de temps à la prière ou à la lecture des saintes écritures. Beaucoup réalisent des œuvres charitables », précise Mgr. Landel. Samedi soir, a eu lieu la veillée pascale, une messe de nuit. La cérémonie a commencé dans le noir. Chaque fidèle a porté un petit cierge qu’il a allumé lorsque passe au bout de son rang, la lumière divine, un gros cierge qui servira tout au long de l’année. Ensuite, des extraits de la Bible ont été lus. Ponctuée de chants religieux et de danses, Pâques se célèbre dans la joie. Dans son homélie, un commentaire de circonstance, l’archevêque a insisté sur la réconciliation entre les peuples et les religions.

Ce thème fera aussi l’objet du prochain synode africain qui se tiendra à Rome du 4 au 25 octobre 2009. Mgr. Vincent Landel discutera avec 200 de ses homologues africains de deux autres thèmes : la paix et la justice. Cette série de réunions présidée par le Pape Benoit XVI aura pour but de réfléchir aux problématiques africaines chères à l’Église Catholique : la famine, les grandes maladies, l’éducation…

Au Maroc, l’expulsion récente de cinq missionnaires étrangères, une Allemande et quatre Espagnoles, pour « prosélytisme » a ravivé les tensions entre les différentes religions. L’évêque a rappelé qu’il condamnait ce genre de pratiques et a précisé que ces étrangères n’ont été envoyées ni par le Saint-Siège ni par l’Église Évangélique, un mouvement du protestantisme. Les chrétiens ne veulent qu’exercer leur foi sur la terre d’Islam qu’est le Maroc. Ils n’ont pas vocation à convertir les musulmans. D’ailleurs, « l’Église catholique n’accepte aucun Marocain, car la loi l’interdit », précise Mgr. Antonio Sozzo, le Nonce Apostolique au Maroc. L’ambassade du Vatican dont il est le représentant existe depuis plus de 20 ans et entretient de très bonnes relations avec le gouvernement actuel. Le ministère des Habous lui transmet chaque année ses vœux à Noël. Et c’est grâce à la « grande amitié entre Hassan II et Jean-Paul II que l’ambassade du Saint-Siège a pu résider à Rabat », rappelle l’archevêque italien. Et l’Eglise catholique privilégie le dialogue avec ses frères musulmans.

L’Église catholique au Maroc est organisée en deux diocèses, Rabat et Tanger. Le premier dirigé par Mgr. Vincent Landel, rassemble 99 % des baptisés, essentiellement des francophones et quelques anglophones, dans les régions comprises entre Oujda et Agadir. Celui de Tanger, sous la responsabilité de l’évêque espagnol Mgr. Santiago Agrelo Martinez, peu étendu, regroupe 2500 fidèles, la plupart hispanophones. Sur l’ensemble des catholiques du Maroc, très peu sont installés depuis longtemps : ce sont des gens de passage. Les Africains subsahariens sont en majorité étudiants. Les Européens sont des expatriés en mission. Les Eglises du Royaume sont entretenues uniquement par les deux archevêchés. À l’indépendance du Maroc en 1956, beaucoup d’étrangers catholiques sont partis. Les terrains qui leur avaient été alloués pour construire leurs églises ont été rendus. Les anciens lieux de culte ont été reconvertis en centres socio-culturels.

Le protestantisme au Maroc

Le christianisme est composée de trois grandes confessions, le catholicisme, l’orthodoxie et le protestantisme, lui-même divisé en plusieurs mouvements. Au Maroc, cette dernière branche est représentée par Les Églises évangélique et Anglicane. Contrairement au catholicisme, le protestantisme n’a pas de pape autorisé à parler au nom de tous les mouvements. De plus, « il n’est pas composé d’une seule organisation mais de plusieurs. Sa structure varie selon les cultures, les pays dans lesquels il est présent », explique Jean-Luc Blanc, pasteur à la tête de l’Église réformée évangélique du Maroc. Comme ses frères catholiques du Maroc, avec lesquels les protestants entretiennent d’excellents rapports, la majorité des fidèles des Eglises Evangélique et Anglicane sont des Africains d’origine subsaharienne, souvent érudits. Mais de plus en plus, toutes les églises chrétiennes sont sollicités par des migrants de passage non régularisés. Depuis quelques années, beaucoup de médias marocains dénoncent l’invasion de « missionnaires américains rattachés à l’Eglise Evangélique ». N’étant pas aussi bien structurée que le catholicisme, le courant protestant peut abriter certains groupuscules prosélytes. L’Eglise Evangélique du Maroc ne cautionne pas ces pratiques.

Cependant, qu’on le veuille ou non, il existe des Marocains musulmans convertis au protestantisme. Souvent, c’est un choix personnel et non imposé. Certains MRE se convertissent à l’étranger où la législation en matière de religion est plus souple qu’au Maroc. Mais d’autres changent de religion dans leur pays d’origine. Les conversions se feraient la plupart du temps entre Marocains et non par l’intermédiaire d’étrangers. Les fidèles se réuniraient clandestinement en petits groupes pour prier. Aujourd’hui, les Marocains convertis au protestantisme seraient environ 800.


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