MC Solaar : “Je ne prépare que quand c’est prêt.”

Pour ceux et celles qui ne le connaîtraient pas encore, Claude M’Barali, alias MC Solaar, a été un des plus grands rappeurs français des années 90 et 2000. Grâce à un une maîtrise parfaite de son flow et des mots et de nombreuses références politiques et culturelles, il a séduit autant les amateurs du genre que les critiques les plus exigeants. La presse culturelle a toujours encense le rappeur “intello et poète”. Le grand public également. Mais depuis 2008 et son “Rabbi Muffin” où il remixait la musique du film “Rabbi Jacob” composée par Vladimir Cosma, le chanteur se fait très discret. Du 27 au 29 juillet 2016, il était le parrain du festival du journalisme vivant de Couthures sur Garonne, organisé par les revues XXI, 6 mois, Reportagen et Internazionale. Outre son rôle de communiquant (il a présenté certains invités du festival), il s’est également produit sur scène en compagnie de son pote rappeur Bambi Cruz pour interpréter seulement quatre morceaux dont les tubes “Caroline” et “Obsolète”. Pour le grand retour, les fans devront encore attendre. Rencontre quelques heures avant son concert.

Comment êtes-vous devenu le parrain de ce festival ? 


Je suis d’accord avec Mathieu Palain. Je trouve également que votre écriture se rapproche du journalisme, et vous parliez souvent d’actualité ou vous racontiez des tranches de vie. Vous considérez-vous comme un reporter de la chanson ?


Il y a “Armand est mort” qui est un portrait finalement…


Si vous deviez écrire de nouveaux textes aujourd’hui, quels seraient les thèmes d’actualité que vous aborderiez ?


Et ici, avez-vous assisté à des conférences qui pourraient vous inspirer de nouvelles chansons ?


Depuis 2008 et “Rabbi Muffin”, vous êtes discret sur vos activités musicales. Que préparez-vous et qu’avez-vous fait entre temps ?


En 2004, un arrêt de la cour de cassation interdit à votre maison de disques Polydor d’exploiter vos quatre premiers albums commercialement sous toutes les formes. Que faudrait-il pour débloquer la situation ?


Ces albums ont profondément marqué le rap et la chanson française en général. Verra-t-on un jour une réédition de ces disques ?


Vous êtes né à Dakar, au Sénégal. Vous arrive-t-il de retourner là-bas ? Êtes-vous connu dans ce pays ?


Suivez-vous l’actualité politique de ce pays ? Avez-vous entendu parler du collectif de rappeurs Y en a marre qui a favorisé la non réélection d’Abdoulaye Wade ?


N’avez-vous jamais eu l’envie de produire des musiciens africains ?


Même si le marché du disque est assez catastrophique en ce moment, j’ai l’impression qu’être produit sur un label facilite encore la diffusion…


Nelson Mandela nous a quittés en 2013. Que représentait cet homme pour vous ? Avez-vous milité contre l’apartheid plus jeune ?


Il y avait aussi Johnny Clegg, un des rares chanteurs blancs sudafricains à avoir montré publiquement son opposition au régime ségrégationniste…


Aujourd’hui, de nombreuses personnes dénoncent une autre forme d’apartheid, celui de l’Etat d’Israël vis-à-vis des territoires palestiniens et de sa population, et vont jusqu’à boycotter économiquement les produits exportés de là-bas. Pourtant, ces militants sont souvent poursuivis, voire condamnés. Comprenez-vous leur action similaire à ce qui a pu se faire contre l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid ?


Quels sont vos rapports actuels avec vos anciens potes Djs ou Mcs comme Jimmy Jay, Ménélik ou Soon E Mc ? Comment perçoivent-ils votre célébrité ?


Avez-vous envie de retravailler avec eux, notamment Jimmy Jay, très présent aux platines sur les premiers albums ?


Quels regards portez-vous sur les jeunes rappeurs d’aujourd’hui ? Qui sont vos héritiers spirituels ?


Vous ne pensez pas que le rap devient de plus stéréotypé : argent, grosses bagnoles, défonce, violence et femmes faciles ?

Propos recueillis par Thomas Arlès

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