Eau : le Maroc en situation critique

Le Maroc a participé au Forum mondial de l’eau organisé du 16 mars au 22 mars 2009 à Istanbul. Le premier jour, le Premier Ministre, Abbas El Fassi a remis au PDG du fonds arabe pour le développement, le Dr. Abdullatif Youssef Al Hamad, le grand prix mondial Hassan II de l’eau. Un prix très symbolique, car le Maroc doit redoubler d’efforts en ce qui concerne la gestion de l’eau.
Abdellah Laouina, professeur à l’université Mohamed V à Rabat et coordinateur de la chaire Unesco s’intéresse de près aux problématiques du développement durable. Selon lui, de 1990 à 2000, les ressources en m3 par habitant et par an ont diminué de 1200 à 950. Vers 2030, le pays connaîtra une réelle pénurie (500 m3/hab/an). Depuis les années 50, le Maroc a connu de grandes périodes de sécheresse pouvant durer plus de cinq ans. À cause du réchauffement climatique global, elles se multiplient ces derniers temps.
Pour éviter le gaspillage dans l’irrigation des terres, le Royaume s’était même associé à l’Espagne et la FAO en 2007. Madrid avait débloqué 920 000 euros pour réaliser les travaux nécessaires à l’économie de l’eau dans l’agriculture, en particulier dans la région de Doukkala. Il est prévu que ce projet se termine cet été. Sachant que la surface agricole couvre 80 % des terres de cette zone, les économies réalisées pourraient être conséquentes.
En parallèle, les besoins des populations augmentent, compte tenu de la croissance démographique (environ 4 % chaque année). Un autre problème se pose : celui de l’eau potable. Encore aujourd’hui, citadins et habitants des campagnes ne sont pas logés à la même enseigne : en 2004, 57,5 % des ménages marocains étaient raccordés au réseau d’eau potable. Parmi eux, seulement 5,4 % faisaient partie du milieu rural, même s’il y a eu une amélioration grâce au programme PAGER. L’urbanisation s’étant accélérée ces vingt dernières années, la production d’eau urbaine totale du Maroc est passée de 850 m3 en 1990 à 2000 m3 en 2005. En outre, la population citadine gaspille beaucoup d’eau et rejette directement ses eaux usées dans les cours d’eau, la mer ou l’océan. Ces rejets menacent à terme les ressources en eau et même la santé des habitants des villes.
Pendant les périodes d’étiage (quand le fleuve est à son plus bas niveau), la concentration en bactéries issues des matières fécales devient tellement élevée que les eaux doivent être traitées plusieurs fois avant de resservir. Cela engendre des coûts supplémentaires.
À cette pollution, il faut rajouter celles causées par l’agriculture intensive (phosphates), et les industries (nitrates, métaux lourds), même abandonnées comme la mine de Zeïda dans le bassin de la Haute Moulouya. Elles ne polluent pas que les rivières mais aussi les nappes phréatiques quand les eaux de pluie s’infiltrent dans le sol.
Face à cette situation critique, le gouvernement doit faire de la gestion de l’eau une de ses priorités, quitte à refaire appel à des fonds étrangers. Le gouvernement a commencé à développer les infrastructures nécessaires aux traitements des eaux usées des villes avant d’être rejetées. Pour désenclaver les zones rurales, il faudrait construire des puits reliés à des pompes solaires et un réservoir et des canaux pour relier les douars aux bornes-fontaines gérées par l’Office National de l’Eau potable. Si ces dernières initiatives ont besoin d’énormément de moyens financiers pour arriver à leurs fins, il serait tout à fait envisageable de multiplier les campagnes de sensibilisation aux problèmes de l’eau dans les écoles.

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