Anne Sylvestre : « J’aimerais qu’on n’ait plus besoin de se définir féministe. »

Si beaucoup l’ont connue grâce à ses fabulettes destinées aux enfants, Anne Sylvestre crée depuis plus de cinquante ans un répertoire pour adultes tout aussi riche, avec des chansons tantôt poétiques, fantaisistes, mélancoliques ou humoristiques. Beaucoup abordent avec une grande délicatesse la condition des femmes. C’est tout naturel que le café culturel toulousain Folles saisons l’ait choisie pour la soirée d’ouverture du festival « Saison d’elles » le vendredi 7 octobre 2016 à Toulouse. Une programmation très majoritairement féminine et féministe. Même après toutes ces années, la chanteuse séduit encore les foules. Rencontre avant son concert.

Que ressentez-vous à l’idée de jouer dans ce festival à la programmation, très majoritairement féminine ?

Dans la chanson « Une sorcière comme les autres », vous rendez hommage aux mères. Vous-même, avez eu des enfants. Comment avez-vous concilié votre vie maternelle et votre désir de liberté ?

La sorcière revient fréquemment chez les féministes, notamment chez les Italiennes des années 70, si bien que Silvia Federici a publié un ouvrage très sérieux intitulé « Caliban et la sorcière » dans lequel elle analyse la condition des femmes à travers l’Histoire. En quoi le personnage de la sorcière est-il féministe ?

Il y a un réveil très conservateur en Europe ces temps ci : montée des extrémismes religieux, forte opposition au mariage des homosexuels en France, remise en cause du droit à l’avortement en Pologne. J’ai grandi en pensant naïvement que le droit à l’IVG était acquis ou que les couples homosexuels étaient entrés dans les mœurs. Comment expliquez-vous ce retour en arrière ?

Dans la chanson « Non, tu n’as pas de nom », vous interprétez une femme enceinte qui s’adresse à son fœtus et se demande si elle va mettre volontairement un terme à sa grossesse. On sent la souffrance de cette femme, et j’ai l’impression que si elle choisit de ne pas mettre au monde l’enfant, c’est qu’elle ne peut pas faire autrement…

Excusez-moi de ma maladresse. C’est délicat de trouver le bon terme. Au début, j’avais écrit dans mes notes « futur enfant »…

Peut-on encore parler de féminisme au singulier aujourd’hui ? J’entends de plus de femmes musulmanes et voilées ou d’anciennes actrices de cinéma pornographique se revendiquer féministes ? Est-ce que tout ceci est compatible ?

Malgré votre carrière qui s’étale sur plus de 50 ans et votre grand talent, vous n’êtes pas très médiatique : on vous voit rarement à la télévision, par exemple. Et j’ai l’impression qu’elle préfère parler des chanteuses mignonnes des années yéyé comme France Gall ou Françoise Hardy…

Une autre de vos chansons me touche beaucoup : c’est « les rescapés des fabulettes », dans laquelle vous vous adressez aux adultes qui ont grandi avec vos chansons pour enfants. Est-ce que vos chansons se transmettent encore de génération en génération ?

L’internet permet d’exhumer des choses surprenantes. Dans les années 60, vous avez réalisé un duo avec Boby Lapointe dans lequel vous parodiez les chansons d’amour sirupeuses. Qui en a eu l’idée ? Vous le connaissiez bien ? Quel genre d’homme c’était ?

Propos recueillis par Thomas Arlès

 


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Un commentaire

  1. Doleux
    18 octobre 2016
    Reply

    Magnifique Anne Sylvestre!!!! Mais oui le combat féministe est encore et encore incontournable pour que les femmes soient respectées et que notre société reconnaisse enfin l’égalité femmes/hommes. Chacun et chacune y contribue à sa façon et Anne Sylvestre par son immense talent et ses chansons si fortes, est aussi dans ce combat. Merci

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