Affaire Giraud Lherbier : l’enquête, la bérézina ?

Tout avait pourtant bien commencé pour la police. Le mois de novembre 2004 voit la mise sous les verrous du suspect principal, la localisation et l’identification des corps, puis celle de l’arme du crime. Mais une fois en prison, Jean-Pierre Treiber se mure dans le silence, et nie toute implication. La police doit par conséquent trouver d’autres preuves pour motiver un procès. Et sans l’aide du garde-chasse. Tout d’abord l’ADN retrouvé sur un sparadrap qui a servi à étouffer l’une des deux victimes. Celui de Treiber a pu être formellement identifié dès décembre 2004. Mais un autre ADN, inconnu celui-ci, est identifié en juin 2005. Des tests sont pratiqués sur environ soixante-dix personnes parmi ses relations. Sans succès. Ce n’est que fin septembre 2007 que l’empreinte est identifiée : il s’agissait d’une « pollution accidentelle des scellés », donc d’un policier qui a oublié de mettre des gants pour inspecter les lieux. Il en est de même dans le cas d’« Arnaud le Polonais », une connaissance de Jean-Pierre Treiber. Le jeune homme graviterait « dans un milieu louche. » Cela en fait un complice idéal. Pour peu de temps : les traces ADN ne correspondent pas.

Un sosie troublant

C’est encore la recherche d’un complice à Treiber qui mène à d’autres erreurs de l’enquête. Lorsque les soupçons se portent sur Marie-Christine Van Kempen, une gérante de bar de Fontainebleau assure qu’ils ont eu une entrevue dans son bar fin septembre 2004. Marie-Christine Van Kempen affirme n’y avoir jamais mis les pieds. Une cliente régulière de l’établissement, voyante de profession, s’est présentée à la police. Ayant une certaine ressemblance physique avec la professeure de chant, elle pense que la gérante a fait une confusion. Ce témoignage a provoqué la fermeture du dossier du « coup monté » entre Jean-Pierre Treiber et Marie-Christine Van Kempen. Mais la lettre révélée cette semaine provoque la réouverture de ce même dossier.

Par Yves Junger

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