Audiovisuel franco-roumain : une grande histoire d’amour entre la Roumanie et TV5

Fin 2006, la chaîne francophone TV5 disparaît de l’offre basique de l’opérateur du câble UPC. Les Roumains étant pour la très grande majorité câblés, la chaîne perd près d’un million de téléspectateurs par semaine. La Roumanie est le pays européen où TV5 est l plus regardée après l’Allemagne. UPC reproche à la chaîne son absence de sous-titrages dans ses programmes et l’opérateur a besoin de la fréquence de la chaîne francophone. Deux mois avant, le sommet de la francophonie se tient à Bucarest. Un rapport montre que la langue française se porte toujours bien, malgré la progression de l’anglais. Face à cette suppression, « beaucoup de journaux, d’intellectuels et d’hommes politiques nous ont soutenu », se rappelle Thomas Derobe, secrétaire général de TV5. Ces nombreuses réactions en faveur de la chaîne francophone portent leur fruit : à la fin 2007, la loi audiovisuelle est modifiée. Les opérateurs doivent désormais inclure à leurs offres des chaînes ayant une diffusion internationale : TV5 rentre dans cette catégorie et revient sur l’UPC.

En contrepartie, la chaîne francophone s’engage à sous-titrer une partie de ses programmes et à mettre à disposition de l’opérateur les moyens techniques nécessaires à leur diffusion. « Pour le moment, seuls 30 % des programmes sont sous-titrés. C’est TV5 qui commande les sous-titrages et ça nous coûte cher. Il est aussi difficile de traduire les bulletins d’informations pour une raison de temps, mais la plupart des fictions et des émissions phare le sont. » Et visiblement, ça marche : TV5 a retrouvé le million de téléspectateurs perdus. « Sur la tranche jeunesse, 8-14 ans, on a triplé notre audience en deux ans : on est passé de 6 à 18 % de 2006 à 2008. Le nouvel habillage Tivi5 est apprécié des enfants, mais ces programmes permettent aussi aux jeunes roumains peu francophones de se familiariser avec la langue française. » D’autre part, la chaîne est en train de revoir son plan stratégique. « Nous aimerions pouvoir délocaliser le tournage de certaines émissions à l’étranger et il serait très envisageable de tourner une émission comme « Accoustic » à Bucarest ». Mais on se peut se poser la question de savoir s’il s’agit plus d’une stratégie d’économie ou culturelle.

Paru dans BUCAREST HEBDO


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