Frelons voraces

Plus petit que le frelon européen et plus sobre aussi, Vespa Velutina vient d’Asie, importé de Chine accidentellement, à cause d’une importation de bois exotique probablement. Cet hymenoptère de 30 mm de long en moyenne est facilement reconnaissable grâce son abdomen orange et ses pattes jaunes. Il fait son nid sur les arbres en lisière de forêt ou en bordure de rivière, parfois sous terre et sous les toits des vieilles maisons. Les plus gros nids peuvent atteindre 60 cm ! Peu belliqueux envers l’homme, le frelon asiatique inquiète surtout les apiculteurs, car il attaque les ruches et les abeilles. Françoise Cassouade Salle et son mari ont une exploitation de quatre cents ruches à Bosdarros, près de Gan. “On a vu des frelons asiatiques décapiter et démembrer des abeilles, puis les emporter loin dans leur nid”, racontent-ils.

L’insecte est apparu chez eux au début du mois. Le premier spécimen français a été répertorié en 2005 du côté de Nérac en Lot-et-Garonne. Depuis, il s’est multiplié et étendu dans la plupart des départements du Sud Ouest. Le couple d’apiculteurs n’est pas du genre à tirer des conclusions hâtives. “On manque de recul. Pour le moment, le frelon asiatique ne menace pas encore notre exploitation significativement. Néanmoins, il faut prendre des précautions”, explique Françoise. Des solutions existent. La première est certes efficace mais coûteuse. Il s’agît d’installer des grilles avec des trous de 5 mm de diamètre à l’entrée des ruches. Ainsi, les abeilles peuvent aller et venir, mais pas les frelons. L’autre est plus naturelle et là, on ne peut pas faire grand chose à part peut-être installer des nichoirs. Le geai et une espèce de pic vert seraient apparement friands du petit insecte. Entout cas, ”il ne faut surtout pas dégommer les nids au fusil, car les fondatrices ne sont pas touchées. Elles sont nomades, donc elles iront s’installer ailleurs.”, alerte l’apicultrice.

Un ami du couple, Henri Loustau, a opté pour les grilles. Lui aussi est apiculteur, mais à la retraite. Sa petite exploitation lui permet d’arrondir ses fins de mois. “Lorsque j’ai vu des frelons s’attaquer à mes abeilles, ça m’a fait de la peine”, confie le bonhomme ému. Mais en attendant de pouvoir protéger toutes ses ruches, il utilise une bonne vieille tapette artisananale en bois pour tuer les frelons. Menaces pour l’arboriculture ? Le frelon engendrerait un autre problème. Si l’hymenoptère utilise des insectes pour nourrir ses larves, il mange aussi des fruits pour combler ses dépenses énergétiques. Bosdarros est dans le Jurançonnais. Il ne faudrait pas qu’il menace la production de vin, en s’attaquant au raisin. En attendant, l’Association de Développement de l’Apiculture en Aquitaine dont fait partie le couple Cassouade Salle a lancé un programme d’étude sur le frelon asiatique, mené par le docteur Jacques Blot. Tout apiculteur est prié de s’adresser à l’association, s’il constatait la présence de l’insecte, pour faire avancer les recherches.

Paru dans SUD OUEST


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